Tarif bihoraire en Belgique : heures creuses, horaires 2026 et rentabilité
Heures creuses, nouveaux horaires depuis janvier 2026, différences par région et seuil de rentabilité : le guide complet du tarif bihoraire en Belgique.
Le tarif bihoraire est l'un des grands classiques de la facture d'électricité belge, mais il a profondément changé depuis le 1er janvier 2026 en Wallonie. Heures creuses élargies, horaire identique le week-end, seuil de rentabilité revu : il vaut la peine de faire le point pour savoir si ce tarif vous fait réellement économiser. Voici comment fonctionne le bihoraire en Belgique, ce qui a changé selon votre région, et à partir de quel niveau de consommation il devient intéressant.
Bihoraire et monohoraire : la différence en bref
Avec un tarif monohoraire, vous payez le même prix du kWh à toute heure du jour et de la nuit. Avec un tarif bihoraire, votre compteur distingue deux plages : les heures pleines, facturées plus cher, et les heures creuses, moins chères. En moyenne, le kWh en heures creuses revient environ 25 % moins cher qu'en heures pleines.
Le bihoraire ne devient avantageux que si vous parvenez à déplacer une part suffisante de votre consommation vers les heures creuses. C'est tout l'enjeu : un compteur bihoraire mal exploité peut coûter plus cher qu'un simple monohoraire.
Les horaires des heures creuses par région
Les plages horaires sont fixées par votre gestionnaire de réseau de distribution (GRD), et non par votre fournisseur. Elles varient donc selon la Région, voire la commune.
| Région | Heures creuses | Heures pleines |
|---|---|---|
| Wallonie (ORES, RESA) | 11h-17h et 22h-7h, tous les jours | 7h-11h et 17h-22h, tous les jours |
| Bruxelles (Sibelga) | 22h-7h en semaine + tout le week-end | 7h-22h en semaine |
| Flandre (Fluvius) | 22h-7h en semaine + tout le week-end (21h-6h dans certaines communes) | en journée en semaine |
Ce qui a changé en Wallonie le 1er janvier 2026
La réforme wallonne est la plus marquante. Depuis le 1er janvier 2026, deux nouveautés s'appliquent à tous les clients basse tension raccordés en dessous de 56 kVA :
Une plage d'heures creuses supplémentaire est ajoutée en pleine journée, de 11h à 17h, en plus de la plage nocturne de 22h à 7h. Et surtout, le week-end suit désormais exactement les mêmes règles que la semaine : il n'y a plus de distinction entre jours ouvrables et week-end.
Résultat : la Wallonie passe de 93 à 105 heures creuses par semaine, soit 15 heures creuses par jour. L'objectif affiché par la Région et la CWaPE est d'inciter à consommer quand l'électricité renouvelable (solaire en journée, éolien la nuit) est la plus abondante, et de lisser les pics de demande sur le réseau.

Aucune démarche n'est nécessaire : le changement d'horaire est opéré à distance par le gestionnaire de réseau, que votre compteur soit électromécanique ou numérique. Si vous bénéficiez du tarif social en régime bihoraire, les nouvelles plages s'appliquent également à vous.
Bruxelles et la Flandre : des situations différentes
À Bruxelles, rien ne change pour l'instant. Le bihoraire reste classique : tarif réduit la nuit (22h-7h) et tout le week-end, tarif plein en journée en semaine. La Région prévoit de s'aligner sur le modèle wallon à partir de 2028.
La Flandre est un cas particulier. Depuis l'introduction du tarif capacitaire en 2023, les frais de réseau ne dépendent plus du moment de la consommation, mais de votre pic de puissance. Le bihoraire n'y influence donc plus que la composante énergie de la facture, c'est-à-dire le prix du kWh fixé par votre fournisseur. L'écart entre jour et nuit y est par conséquent plus limité qu'en Wallonie.
À partir de quand le bihoraire est-il rentable ?
C'est la question décisive. La composante distribution du nouveau bihoraire devient avantageuse par rapport au monohoraire dès qu'environ 28 % de votre électricité est prélevée pendant les heures creuses. ORES retient un repère plus simple à mémoriser : si vous consommez au moins un quart de votre énergie en heures creuses, le bihoraire est généralement le bon choix.
Pour donner un ordre de grandeur concret, ORES cite l'exemple d'une famille de quatre personnes consommant 5 900 kWh par an et équipée d'un boiler électrique : en programmant ce boiler pendant les heures creuses, elle peut réduire d'environ 25 % les frais de distribution, soit près de 180 € par an. Ces montants sont indicatifs et ne portent que sur les coûts de réseau ; l'économie totale dépend aussi de votre contrat de fourniture.
Quels profils ont intérêt à passer au bihoraire ?
Le bihoraire devient particulièrement intéressant lorsque vous disposez d'appareils gros consommateurs que vous pouvez programmer ou décaler dans le temps :

- un boiler ou chauffe-eau électrique, qui peut chauffer la nuit ou en milieu de journée ;
- une voiture électrique, rechargée pendant les heures creuses ;
- une pompe à chaleur ou un chauffage électrique d'appoint ;
- des appareils électroménagers à départ différé (lave-linge, sèche-linge, lave-vaisselle).
En Wallonie, la nouvelle plage de 11h à 17h profite aussi aux foyers équipés de panneaux solaires ou présents à domicile en journée, ce qui n'était pas le cas auparavant. Pour comprendre l'ensemble des postes qui composent votre facture, consultez notre guide sur le prix de l'électricité en Belgique.
Comment passer au tarif bihoraire ?
Le changement de tarif de distribution se demande directement auprès de votre fournisseur d'énergie, qui se charge de transmettre la demande à votre gestionnaire de réseau. Par défaut, si vous n'entreprenez aucune démarche, vous conservez votre tarif actuel.
Le passage au bihoraire suppose un compteur capable de mesurer deux plages. La plupart des compteurs électromécaniques en sont équipés (deux index, jour et nuit), et le compteur numérique le gère automatiquement — voire ouvre la voie à des tarifs plus fins comme le tarif dynamique. Pour en savoir plus, lisez notre guide sur le compteur numérique en Belgique.
Avant de changer de tarif, profitez-en pour vérifier que votre contrat de fourniture reste compétitif. Notre comparateur d'électricité vous affiche, en quelques secondes, les offres disponibles dans votre Région et leurs prix en heures pleines et creuses.
En résumé
Le tarif bihoraire récompense ceux qui peuvent déplacer leur consommation vers les heures creuses, et la réforme wallonne de 2026 élargit nettement ces possibilités avec une plage diurne de 11h à 17h et un horaire unique 7 jours sur 7. Si vous parvenez à concentrer environ un quart de votre consommation sur ces créneaux — grâce à un boiler, une voiture électrique ou des appareils programmables —, le bihoraire est presque toujours gagnant. Dans le cas contraire, le monohoraire reste plus simple et parfois plus économique. Le bon réflexe : comparer votre profil de consommation, puis comparer les offres avant de trancher.

